| Quel(s) message(s) souhaitez-vous exprimer à travers vos œuvres ?
Avec ma série Cheesecake Boys, je recherche surtout des façons créatives et pleines d’humour pour qu’un garçon perde son pantalon. Ce n’est pas plus profond que cela ! Cela fait penser aux filles pinups popularisées dans les années 40 et 50 avec des scénarios ouvertement arrangés les mettant en danger de montrer leurs dessous (ou plus). Il y a dans les œuvres de cette période une suggestivité légèrement innocente qui m’attire et que je veux interpréter avec une perspective gay. Mes autres œuvres adressent elles-aussi des thèmes homosexuels. La série que j’appelle maintenant Ins and Outs (Entrer et sortir) a commencé comme une forme de thérapie artistique durant mon coming out, et je n’avais aucun intention de les partager. À travers ces œuvres, j’ai pu explorer les questions d’identité, de sexualité et d’acceptance de soi dans un style narratif. Par la suite, les peintures n’ont plus eu à rester dans le placard et beaucoup de formidables liens et d’opportunités se sont présentés comme résultat de leur partage avec d’autres.
Quel-le-s sont les artistes qui sont vos sources d’inspiration ?
J’aime l’art de Gil Elvgren. J’apprécie aussi beaucoup le travail de Glen Hansen, Steve Walker, Melissa Forman, James Rosenquist, Joe Sorren, David LaChapelle, Loretta Lux, Oksana Badrak et Mark Ryden. Lorsque j’étais enfant, mon professeur Linda Regula m’a initié au concept d’exploration de la narration personnelle à travers l’art, ce qui fait qu’elle a été une grande inspiration aussi.
Que vous a apporté le fait d’être présent sur internet ?
Eh bien, pour commencer, j’ai trouvé mon partenaire en ligne ! Dennis est d’un incroyable soutien et a une merveilleuse influence sur ma vie, sans mentionner qu’il est un modèle très chaud pour quelques-uns des Cheesecake Boys ! Pour ce qui est de mon travail, ce qui je suis sûr était le but de cette question, il a gagné énormément de couverture grâce à mon site internet. J’ai reçu des courriels de personnes du monde entier qui ont découvert mon travail et s’y sont retrouvées. C’est une façon formidable d’atteindre un large public qui ne m’aurait jamais découvert autrement. La plupart des opportunités qui se sont présentées à moi au cours des dernières années ont été le résultat direct de cette visibilité sur internet, incluant le fait d’avoir mon travail sous licence pour la couverture du roman de fiction portoricain « Dos centimetros de Mar » de Carlos Vázquez Cruz, l’édition de Cheesecake Boys en cartes postales par les éditions 10Percent Productions, des opportunités d’exposition aux galeries World of Wonder (Hollywood) et A Bitchin’ Space (Sacramento), ainsi qu’une invitation à la commémoration de ma diva inspiratrice Tammy Faye Messner où l’un de mes portraits d’elle était mis aux enchères.
Votre travail a-t-il déjà été censuré ? Dans ce cas, comment avez-vous réagi ?
La seule censure que j’ai vécue jusqu’à présent était volontaire. Avant de sortir du placard, j’ai vraiment lutté pour trouver ma voix authentique en tant qu’artiste, et c’est seulement après avoir atteint cet espace d’acceptation de soi que j’ai pu être libre et honnête avec mon travail. Les lieux où j’ai été chanceux d’exposer ou de publier mon travail ont tous été très réceptifs et d’un grand soutien pour ma vision, ce qui fait que la censure dans ce sens n’a jamais été un problème.
Quels sont les projets qui vous tiennent à cœur en ce moment ?
Je suis en train de terminer une peinture grand format intitulée The Dollypop Guild pour le Dollypop Show à la galerie World of Wonder de Hollywood. Cette pièce est basée sur la scène du Magicien d’Oz quand Dorothy rencontre Glinda, bien que dans mon interprétation, Dorothy est remplacée par un jeune homme portant des talons aiguilles démesurés et regardant Dolly Parton descendant du ciel dans une grosse bulle rose. Quand j’étais enfant, j’idolâtrais la chanteuse country Dolly Parton pour sa capacité à équilibrer une personnalité flamboyante, une image plus grande que nature, et une sincère ambition artistique. Maintenant, en tant qu’adulte, je me retrouve en train de jongler avec les mêmes choses dans ma vie et mon travail. The Dollypop Guild est une bonne représentation de cette idée. Elle est couverte d’étincelles et de paillettes, et pourtant elle raconte la vraie histoire poignante d’un garçon qui a choisi un chemin différent (dans ce cas, celui qui est couvert de briques jaunes et qui conduit à Dollywood !). J’attends vraiment avec impatience l’ouverture de cette exposition et les futures opportunités avec la galerie World of Wonder.
Pouvez-vous dire quelques mots sur le lieu où vous vivez/travaillez ?
Je vis dans le Short North Arts District de Columbus (Ohio) avec mon homme et nos deux bébés lévriers whippets. Columbus a une communauté artistique en plein essor qui a été d’un grand soutien pour mon travail et pour moi-même. Je suis tout particulièrement reconnaissant envers la Ohio Art League qui a sponsorisé ma première exposition solo, ainsi que la Stonewall Union pour leur spectacle annuel « Exposition de la Fierté » auquel j’ai participé chaque année depuis mon coming out.
Propos recueillis en août 2008 © Incubus' Choice |