Bill Travis
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Entretien avec Bill Travis
Quel(s) message(s) souhaitez-vous exprimer à travers vos œuvres ? Pour moi, il s’agit principalement d’amour, de désir, de mémoire, d’espoir, de nostalgie. J’espère que les gens vont trouver leur propre message dans mon travail. S’ils le font, cela voudra dire que j’aurais créé un rapport entre nous.
Quel-le-s sont les artistes qui sont vos sources d’inspiration ?J’ai une thèse en histoire de l’art de l’Institut des Beaux-Arts de l’université de New York et j’ai enseigné l’art médiéval pendant des années avant de tout plaquer et de me lancer dans la photographie. Il va sans dire que ma liste d’artistes est assez longue. J’aime la couleur et les textures de Degas, Monet et Bonnard, la subtilité de Whistler, la sensualité du Titien et de Botticelli, l’humanité de Vermeer et de Rembrandt. La liste continue encore… Je suppose que le principal est que la peinture, et particulièrement celle des grands maîtres, est au cœur de mon esthétique.
Que vous a apporté le fait d’être présent sur internet ?
La photographie opère à un autre niveau. Elle n’a ni la texture de surface, ni les couleurs chaudes ou la sensation qu’une « main » s’y est appliquée. Ce qu’elle possède, c’est la précision qui lui donne une ressemblance à la vie allant au-delà de ce que peut produire la peinture. La photographie a cette capacité unique de faire sembler réelles les choses les plus courantes.
Dans mon propre travail, je m’intéresse à la façon dont ces deux formes d’art, avec leur buts qui semblent si différents, se renvoient l’une à l’autre. Mon intention est de créer une œuvre qui soit sensuelle comme la peinture et crédible comme la photographie.L’exposition. J’aime aussi beaucoup correspondre avec des gens qui m’écrivent après avoir découvert mon site.
Est-ce qu’internet vous a permis de rencontrer de nouveaux modèles, de trouver de nouveaux lieux d’exposition ?Absolument. Comment faisaient les gens avant internet ?
Votre travail a-t-il déjà été censuré ? Dans ce cas, comment avez-vous réagi ?Quand j’ai exposé juste à côté du palais papal au Castel Gandolfo en Italie, on m’a demandé de ne pas montrer quoi que ce soit de trop osé, bien que j’aie eu l’impression que quelques prêtres auraient peut-être préféré des choses plus croustillantes. La question la plus importante est celle de l’autocensure. Comme nous vivons en des temps de conservatisme enragé, beaucoup d’artistes censurent leur propre travail juste pour éviter les ennuis.
Quels sont les projets qui vous tiennent à cœur en ce moment ?Je viens juste de terminer un projet de livre sur Dreamers qui consiste en cinquante images d’hommes rêvant et un court texte. Maintenant je recherche un éditeur.
Pouvez-vous dire quelques mots sur le lieu où vous vivez/travaillez ?Je vis à New York. La ville est un haut lieu en terme de galeries, de musées, d’activités culturelles et peut-être par-dessus tout en terme d’ouverture aux choses nouvelles. C’est si stimulant d’être entouré de personnes créatives.
Propos recueillis en octobre 2007
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